Comprendre les « dys »

Objectif de cette page :

 

Apporter un éclairage aux enseignants des écoles maternelles et élémentaires sur les différents troubles d’apprentissage rencontrés par certains élèves.

 

Mise en garde :

 

        Ce que nous  vous proposons ne peut, en aucun cas, servir à établir des diagnostics. Le trouble d’un enfant a rarement une seule origine. La complexité du cerveau et de son fonctionnement oblige à explorer les différents domaines qui peuvent avoir une influence sur les apprentissages (psychologique, médical, instrumental, développemental ….).

        Il est donc important qu’il y ait un partenariat entre les familles, les enseignants, les psychologues scolaires, les médecins scolaires et les neuropsychologues pour évaluer les capacités des enfants dans les différents domaines et poser un diagnostic (par exclusion).

Il conviendra de ne pas attendre que l’élève soit en situation d’échec pour associer psychologue scolaire, membres du RASED et de la santé scolaire à votre démarche.

INFORMATION GENERALE SUR LES TROUBLES

DEFINITIONS ET CONSEQUENCES SUR LA SCOLARISATION

 

Les DYS en quelques mots, les connaître, les repérer …

 

      

 

       En préambule, il faut différencier un retard du langage oral ou écrit (fréquent mais qui va pouvoir être comblé) d’un trouble, c’est à dire  une désorganisation d’une fonction (plus rare mais qui persiste et retentit sur la vie de l’enfant, dans ses relations et ses apprentissages scolaires).

       Parmi les troubles du langage, il faut distinguer du point de vue du diagnostic ceux qui sont spécifiques de ceux qui ne le sont pas.

 

1 . La dysphasie est un trouble de l’apprentissage du langage oral

 

· un trouble  spécifique car il s’agit d’enfants sans déficit intellectuel, sans déficit moteur, sans troubles sensoriels, ni troubles affectifs ou de la personnalité.

· un déficit  durable  des  performances verbales, significatif en regard des normes établies pour l’âge. La rééducation orthophonique est adaptative et non curative, le langage de l’enfant gardera à des degrés variables la marque du trouble structurel.

· un trouble  sévère car il perdure au-delà de 6 ans avec retentissement sur la vie quotidienne et le devenir des enfants.

 

       Le langage permet la relation, le jeu, il est également souvent nécessaire lors de l’évaluation des acquis scolaires. Si le langage est déficitaire, ces deux composantes seront rendues difficiles. Il faut donc l’identifier tôt, idéalement avant le CP, pour mettre en place les rééducations et l’accompagnement nécessaires.

       La dysphasie touche environ 1% des enfants d’une classe d’âge. On différencie de façon simplifiée, trois types de dysphasies, le premier avec atteinte de la compréhension, le second avec atteinte de l’expression et le troisième conjuguant les deux premiers. Elle peut affecter la phonologie (mise en sons dans le mot), le lexique (vocabulaire) ou la syntaxe sur le plan réceptif ou expressif, allant parfois jusqu’à l’absence de langage intelligible.

 

Quelques signes pour y penser !

 

· Mauvaise intelligibilité du langage oral.

· Caractère déviant des erreurs (différent du développement commun).

· Production de mot(s) isolé(s) ou ordre non respecté dans la phrase (« il joue poupée moi » pour « il joue à la poupée avec moi »). Production d’un mot parfois éloigné du mot recherché (couteau pour fourchette).

· Lexique réduit, peu d’échange.

· Construction difficile de récit même avec une bonne compréhension, récit parfois complexe ou peu informatif (dysphasie avec atteinte de l’expression).

· Manque du mot mais désir de communiquer.

· Trouble de la compréhension, comprend mieux si on  lui montre, utilise des gestes, des pictogrammes pour se faire comprendre (dysphasie avec atteinte de la compréhension).

· Dissociation automaticovolontaire, c’est à dire qu’il arrive mieux à dire les choses spontanément que sur demande.

 

       Le diagnostic de dysphasie n’est souvent envisagé que si les troubles perdurent malgré une prise en charge orthophonique adaptée etl ’élimination d’un trouble du langage secondaire à une autre pathologie (déficit intellectuel, trouble sensoriel, trouble affectif ou troubles du comportement). Ce diagnostic différentiel est fondamental mais reste difficile et relève d’une équipe pluridisciplinaire.

       La connaissance de ce diagnostic demande des aménagements pédagogiques (éventuellement préconisés par un PPS), un accompagnement de la famille, de l’enseignant et une reconnaissance du handicap. En  effet, l’entrée dans l’écrit aide l’apprentissage du langage oral des enfants dysphasiques. Il n’est donc pas souhaitable de retarder l’entrée en CP sous prétexte que le langage oral est déficient. L’écrit, et par conséquent tout support visuel, permet de l’enrichir par l’augmentation du lexique et la représentation graphique de la structure phonologique de la parole.

       Pour les formes sévères, une orientation spécialisée (CLIS ou UPI, TSA) est souhaitable. 

 

2 . La dyslexie  est un trouble d’apprentissage de la lecture (déchiffrage) et de l’acquisition de son automatisme

 

· un trouble  spécifique car il s’agit d’enfants normalement scolarisés, ne présentant ni déficit intellectuel, ni trouble sensoriel, ni trouble neurologique, affectif ou comportemental.

· un trouble durable car il persiste malgré la rééducation orthophonique qui ne permet que de développer des stratégies d’adaptation.

 

       Les tests de déchiffrage standardisés effectués parles orthophonistes doivent objectiver un retard de lecture pouvant aller de 18mois à deux ans. Le diagnostic ne peut donc pas être fait avant la fin du CE1.

       La dyslexie représente 5 à 8 % des enfants d’une classe d’âge quels que soient le milieu social, la méthode de lecture utilisée. 1 à  3% des enfants présentent une dyslexie sévère. Il existe plusieurs types de dyslexie en fonction de la voie de lecture atteinte (phonologique et/ou lexicale).

 

Quelques signes pour y penser !

 

· Difficultés à lire (décoder l’écrit), erreurs sonores (ex : k/g, t/d, …), paralexies (dire un mot pour un autre : tabac/table), erreurs visuelles (p/q, a/o, m/n). La charge cognitive pour la lecture est telle que l’enfant ne peut plus accéder à une compréhension du texte ou de l’énoncé.

· Meilleure compréhension quand l’énoncé est oralisé.

· L’orthographe est très défaillante.

· Capacités d’apprentissage normales (si on passe par une autre modalité que l’écrit).

· Grande lenteur dans toutes les activités comprenant de l’écrit (lecture ou écriture) d’où impossibilité de traiter un devoir en entier.

· Ecriture peu lisible dans son contenu et sa forme  (graphisme, orthographe et segmentation des mots, ex : « il laver caché la ache derier l’arbre / il avait caché la hache derrière l’arbre »).

 

       Ces difficultés à traiter l’écrit et donc à suivre  en classe peuvent être la cause de comportements et attitudes inadaptés avec baisse de l’estime de soi : agitation, inattention, renoncement, indifférence…

 

3 . La dysorthographie :trouble spécifique et durable de la production orthographique

 

       Elle est souvent au premier plan après la rééducation d’une dyslexie. Elle reste très handicapante pour la restitution des connaissances  de l’élève et pour l’utilisation de toute trace écrite personnelle.

 

4 . La dyscalculie :  trouble spécifique et durable avec un dysfonctionnement dans les domaines logico - mathématiques

 

       Il en découle des difficultés dans toutes les activités de raisonnement, de manipulation des nombres et des techniques opératoires. On note aussi un trouble de l’organisation spatiale et/ou des difficultés de structuration du raisonnement.

 

5 . La dyspraxie est un trouble de l’organisation du regard, de la planification et de la réalisation gestuelle

 

· un trouble  spécifique car il s’agit d’enfants normalement scolarisés, ne présentant ni déficit intellectuel, ni trouble sensoriel ni trouble neurologique, affectif ou comportemental.

· un trouble durable.

       Les  rééducations en psychomotricité, ergothérapie, orthoptie, orthophonie et les réadaptations mises en place peuvent partiellement compenser le trouble. Le diagnostic peut être précoce, dès la maternelle (la gestuelle, le graphisme constituent des signes d’alerte), même s’il est souvent posé vers 6ou 7 ans, lors de l’apprentissage de l’écriture. L’enfant est perçu comme très maladroit, inattentif. Il est lent dans la réalisation d’une tâche, il est fatigable. Il peut dire ce qu’il faut faire pour réaliser le geste mais ne peut le réaliser correctement (habillage, dessin, …).

       La dysgraphie en fait partie, c’est un trouble persistant de la  réalisation du geste graphique affectant la forme de l’écriture. Elle peut rendre l’écrit illisible avec nécessité d’un secrétaire ou d’une utilisation de l’ordinateur. Toutefois l’utilisation de cet outil doit être accompagnée et non systématique.

 

Quelques signes pour y penser !

 

· Le geste est lent, maladroit et non automatisé, il reste coûteux sur le plan attentionnel.

· Structuration spatiale difficile : schématisation, puzzle, reproduction de figures, repérage.

· Retard graphique (dessin, lettres).

· Difficultés de découpage, de jeux de construction, de collage, de coloriage.

· Les résultats sont inconstants.

· L’élève peut manifester un blocage lors du passage à l’écrit.

 

       Pour l’enseignant, il est souvent déroutant et culpabilisant de se trouver démuni face aux difficultés des enfants DYS. Il n’ya pas de recette miracle, chaque enfant est unique et l’enseignant, par une bonne connaissance de son trouble, l’aidera à se construire avec ses difficultés en mettant en  place des aménagements pédagogiques et en l’évaluant en conséquence.

       Il est important de travailler en partenariat avec  les parents, les professionnels de la santé et les rééducateurs prenant l’enfant en charge, afin de cibler au mieux les aménagements à mettre en place.

La dyslexie

La dyspraxie

La dysphasie